Roxane Maurer

Artiste peintre – 1960-2014

Témoignages

Annie, mon amie — par Régine Verdié

"Pour celui qui accepte de s’y consacrer et de lui dévouer les forces de sa sensibilité et de sa conscience, l’expérience esthétique est, de toutes les expériences humaines, la plus fidèle et la plus féconde : alors que toutes les autres s’affaiblissent et s’éteignent, nous laissant de plus en plus séparés et démunis, celle-là s’enrichit et s’avive inépuisablement". Gaétan PICON...

Poème à Annie Roxane Maurer — par Thierry Renard

Nous, enfants du chemin et de la liberté
à Valère Staraselski
« - Vous avez été, en effet, à plusieurs reprises, le symbole de l’espoir. » André Malraux, Les chênes qu’on abat..la distance le piège...

Roxane Maurer et le plaisir esthétique, une quête d’absolu — par Francis Vladimir

Annie était sensible aux citations. Elle aimait relever et retenir celles qui éclairaient son parcours d’artiste et participaient à sa formation. Sans être autodidacte elle n’en avait pas moins la manière c’est à dire une écoute et une ouverture constante à toutes les formes d’art dès lors que celui-ci se posait en réflexion
et en élaboration d’une pratique artistique avec une visée très haute, celle de ne pas se perdre et d’atteindre un public.
Elle n’avait pas d’apriori. Elle se gorgeait de tout. Elle absorbait à grande goulée.

Annie Roxane Maurer — par Françoise Rachmuhl

Je t’ai d’abord connue sous le nom d’Annie Maurer.
Tu travaillais aux Editions Bérénice en illustrant les couvertures de leurs livres.
Tu assistais à leurs réunions.
Tu restais dans ton coin, tu ne prenais pas la parole, mais tu étais là, attentive, sérieuse.
Plus tard je t’ai rencontrée au Café de la Mairie, dans la même pose, attentive et muette, venue soutenir Valère qui présentait un de ses livres.
Je suis allée voir plusieurs de tes expositions. J’aime tes toiles aux teintes discrètes, tes dessins aux traits un peu tremblés, aptes à traduire le repos comme le mouvement.

Annie Maurer : l’invincible étoile — par Jean-Michel Platier

Annie Maurer. 1995 et la création de l’association des éditions Bérénice ; un collectif, comme l’on disait à l’époque quand la politique a commencé sa lente et inexorable agonie. Une assoc. Loi 1901 avec la volonté de refonder l’art sous toutes ses formes, mais surtout par l’écrit, la langue. Annie peint. On la sollicite pour illustrer des premières de couvertures de romans, de livres de nouvelles collectives, de livres de poésie. Annie peint et donne. Des œuvres tranchées, tranchantes. Qui ne laissent jamais indifférents. Etonnamment violentes. Je n’oublie pas que j’ai dû imposer à l’amicale confrérie des apprentis poètes et romanciers que nous étions le tableau pour la sortie du livre de nouvelle L’Air du temps. Personne n’en voulait de ce buste humain écorché, dont on pouvait aisément deviner l’âme. Je l’ai imposé démocratiquement.

Lettre à Annie — par Bernard Giusti

Lettre à Annie
La première fois que je t’ai rencontrée, je venais de faire connaissance avec le collectif Bérénice. Lors d’une réunion, je découvris une belle jeune femme, réservée, élégante, et d’une distinction naturelle qui ne me laissait pas indifférent. Sans doute fut-ce le réflexe émotif de l’enfant élevé dans les campagnes profondes qui, de temps à autre, très rarement, voyait surgir dans son univers une « belle dame de la ville »...

Bientôt le 26 — par Chantal Portillo

Elle était belle, silencieuse, d’une blondeur un peu grave, impressionnante pour le tourbillon du sud que je suis. J’admirais l’artiste dont je connaissais les dessins, peintures et couvertures de livres. Nous étions souvent assises côte à côte, en silence, ou à la même table, en silence. Ce silence en elle au milieu de notre groupe d’écrivains. Si je connaissais l’oeuvre, je connaissais peu la femme. Mais il en est ainsi des histoires d’amitié, plus belles que celles des romans. Au creux de la nuit, au creux de la souffrance, se noue une intimité sans fard que rien ne peut rompre.

Roxane, ma sœur... — par Christian Rome

La première fois que je te vois.
Tu es assise au fond d’un canapé, les bras croisés, tu as l’air d’une étudiante, attentive, discrète. Je découvre un visage aux courbes douces, des cheveux blonds mi- courts, un regard d’un bleu transparent empli de bienveillance.
Autour de toi, un petit groupe d’hommes et une seule femme. Ils s’agitent, palabrent, argumentent avec passion sur la littérature, l’art, la politique. C’est une réunion du Collectif Bérénice, une maison d’édition associative composée de membres qui croient dur comme fer à la culture comme moyen de résistance à l’aliénation et considèrent la littérature et l’art comme un outil d’émancipation de l’homme...

Poème à Annie Roxane Maurer — par Thierry Renard

« Nue effacée ensommeillée

Choisie sublime solitaire

Profonde oblique matinale

Fraîche nacrée ébouriffée

Ravivée première régnante

Coquette vive passionnée... »

Paul Éluard, Poésie ininterrompue

À Roxane Maurer — par Jehan Van Langhenhoven

L’impudeur est une vertu lorsqu’elle permet de brusquer le mouvement. Soyons impudiques ; c’est le privilège des hommes pressés. Jo Populo/position 46

Il existe des entraves têtues et c’est alors du grand secret de l’être dont il s’agit. Vous ne serez pas peintre. Nous eûmes cette conversation et ce fut à Cordes sur ciel en juin 2004 lors de la rétrospective Aline Gagnaire. Pourquoi ? Mystère. Qu’importe, nullement amère, vous ferez en conséquence de l’image. Sous toutes ses faces et coutures. Aussi, album de vie, ai-je aujourd’hui à foison des images de vous Vive.